vendredi 4 mai 2018

ECUMES


Emi : 4/5     Yigaël : 4/5

Ecumes
(BD)
Scénario : Ingrid Chabbert
Dessin : Carole Maurel
Editions : Steinkis

Résumé en quatrième de couverture : Elles s’aiment et après des soirées d’attente, d’espoir et de désespoir, un bébé est annoncé. Mais la grossesse est compliquée et le pire arrive. Elles vont devoir se reconstruire et lutter contre la douleur. L’amour, l’évasion sur les terres de leur enfant disparu et les carnets qui se remplissent vont les aider à sortir la tête hors de l’eau, loin des écumes…

J’ai lu la BD une première fois, vite, trop vite. Je n’ai pas su quoi en penser tout de suite, j’ai eu besoin d’y retourner, et c’était nécessaire pour apprécier la bande-dessinée à sa juste valeur (c’est le seul bémol que j’émettrai : peut-être aurait-il fallu un roman graphique, bien plus long, pour y passer plus de temps, pour que l’histoire soit moins condensée ?).

Alors je l’ai relue, une deuxième, une troisième fois… huit fois en tout dans la même soirée. A chaque relecture, j’avais l’impression d’y plonger davantage, de descendre plus profondément, de ressentir à chaque fois plus d’émotions, de voir plus de détails. J’avais l’impression d’être une éponge qui s’imbibe des écumes de l’histoire.

Même si toutes les femmes n’ont pas vécu la terrible douleur des personnages de cette histoire, de nombreux points résonneront sûrement en la plupart d’entre elles. Les souffrances et les inquiétudes liées au corps féminin, à ses saignements, à l’épuisement physique ou émotionnel, à la difficulté d’avoir un enfant, aux fausses couches ou à la crainte d’en faire, au sentiment de culpabilité qui ronge, au corps déformé, abîmé, au ventre découpé…

Mais cette histoire n’est pas celle d’un drame, c’est avant tout celle d’une reconstruction. Le récit est sobre, profond, et laisse une grande place au silence et aux émotions, à la poésie aussi…  Plus forts que n’importe quels mots, le dessin et surtout les couleurs y ont un rôle essentiel. On voit le goût de vivre revenir, insidieusement, par petites touches, et la vie reprendre ses droits. Magnifique.

Pour écouter une interview d'Ingrid Chabbert dans le podcast L'Atelier BD, cliquez ici !


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