jeudi 24 mai 2018

SOUS LES BOUCLETTES



Emi 4/5     Yigaël 4/5

Sous les bouclettes
(BD)
Scénario : Gudule et Mélaka
Dessin : Mélaka
Editions : Delcourt

Résumé en quatrième de couverture : C’est l’histoire d’une vie, celle de Gudule, autrice, gaffeuse invétérée, facétieuse et attachante. C’est l’histoire d’un amour soudain, incongru, inattendu. C’est l’histoire d’un parcours du combattant, celui d’une famille contre la Sale Maladie.

Qu’y a-t-il donc sous les bouclettes ? Une femme, une mère aimante et aimée, une personnalité étonnante, mais aussi « Guillaume » : c’est le nom que Gudule a donné à la tumeur cérébrale qui la ronge et la transforme, qui l’éloigne petit à petit de ce qu’elle était, de ses proches et du monde. C’est l’histoire, sur les pages bleues, de la déchéance de cette femme, racontée par sa fille Mélaka : un témoignage, une thérapie, un exutoire, un hommage rempli d’amour et de tendresse.

Mais, ce n’est pas seulement cela : les pages en sépia, qui entrecoupent le récit de Mélaka, ont été écrites par Gudule elle-même. Il s’agit de ses tout derniers écrits, ceux qui n’ont pas eu le temps d’être publiés avant son décès. Ils ont été inclus dans la BD de sa fille, faisant de cet album une œuvre posthume pour l’auteure de plus de 250 livres, essentiellement jeunesse.

Les récits de Gudule ponctuent, oxygènent l’histoire dramatique qui nous est racontée par Mélaka. Ces tranches de vie sont remplies d’humour et de dérision, de vie, ce qui fait passer le lecteur des rires aux larmes pendant tout l’album (un pavé de 235 pages).

Ma réserve porte, d’une part, sur le manque de lien entre les deux récits. J’ai vraiment eu l’impression que la plupart du temps les anecdotes de Gudule étaient placées « là » au hasard, sans lien avec le récit de sa fille, ni avant, ni après.
D’autre part, je me questionne sur le choix qui a été fait de ne pas respecter la chronologie des évènements dans la partie en sépia : puisque la place des anecdotes n’est pas en lien avec le récit de Mélaka, pourquoi ne pas avoir facilité la lecture en les présentant dans l’ordre où elles se sont déroulées dans la vraie vie ?

Contrairement à ce que l’on pourrait craindre, cette histoire à deux voix n’est pas larmoyante. Elle est fidèle à la réalité et sincère. En fermant la BD, qui se termine par quelques pages de photos de famille, je me suis rendu compte que j’étais entrée dans cette histoire familiale… et je n’en suis pas vraiment encore ressortie au moment où j’écris ces lignes. L’histoire résonne longtemps et chamboule le lecteur un certain temps… Moi, j’aime ça.

Ecoutez la chronique (vocale) de Yigaël dans le podcast L’Atelier BD ! 

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