jeudi 31 mai 2018

EN ATTENDANT BOJANGLES




Emi 4/5     Yigaël 3/5

En attendant Bojangles
(BD)
Adaptation : Ingrid Chabbert, d’après le roman d’Olivier Bourdeaut
Dessin : Carole Maurel
Editions : Steinkis

Résumé en quatrième de couverture : Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr.Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entrainer dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Sur quelle planète je vis ? Comment n’avais-je pas entendu parler de Mr.Bojangles avant ? Après la lecture de la BD, dont je vous parlerai juste après, j’ai fait quelques recherches et je me suis aperçue que le roman dont elle est l’adaptation a eu un succès populaire et critique absolument incroyable : 500 000 exemplaires vendus pour ce premier roman d’Olivier Bourdeaut paru en 2016, de très nombreux prix, des adaptations au théâtre, un film à venir… Olivier Bourdeaut a été invité sur tous les plateaux télé, et cette musique… Nina Simone, 1971… Envoûtante.

« Il y a longtemps, [Mr.Bojangles] vivait à la Nouvelle-Orléans avec son chien est ses vieux vêtements. Il ne s’est jamais remis de la mort de son chien. Alors il s’est mis à aller danser dans les bars. Les gens lui payaient des bières, et lui il dansait dans ses vieux vêtements. Et moi, je danse pour faire revenir Monsieur Bojangles… » confie un soir à son fils, l’héroïne à l’humeur et aux prénoms changeants.

Ce petit garçon vit dans une famille excentrique : ses parents dansent en boucle sur le même titre de Nina Simone, joyeux et mélancolique, se vouvoient, ont un oiseau exotique (Mademoiselle Superfétatoire) en guise d’animal de compagnie, ont adopté un mode vie oscillant entre la folie douce et la folie dure. Ils chassent l’ennui et nient la réalité ensemble.

C’est une histoire extravagante, bouleversante, remplie de poésie. Elle est dramatique autant qu’elle est légère, fantasque et pétillante : le dessin de Carole Maurel, virevoltant comme une danse, traduit parfaitement l’esprit, l’ambiance de cette histoire.

J’ai un regret : ne pas avoir découvert le roman avant la BD - car on sent que l’adaptation est très, trop, condensée. Comme dans la BD « Ecumes » scénarisée par Ingrid Chabbert, je trouve que ça va trop vite, je me sens bousculée. J’aurais voulu m’attarder un peu plus sur les personnages et leurs émotions, développer certains passages de l’histoire.

Cette histoire est décidément digne d’un grand roman. En tous cas, il faut découvrir « En attendant Mr.Bojangles », par la porte d’entrée que vous préférez : roman, BD, ciné, théâtre. La porte que j’ai ouverte n’était peut-être pas la bonne pour une découverte, mais aurait été parfaite dans un second temps. 

Ecoutez une interview d'Ingrid Chabbert dans le podcast L’Atelier BD ! 

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