Emi
4/5 Yigaël 3/5
En
attendant Bojangles
(BD)
Adaptation : Ingrid
Chabbert, d’après le roman d’Olivier Bourdeaut
Dessin : Carole
Maurel
Editions : Steinkis
Résumé
en quatrième de couverture : Sous le regard émerveillé de leur fils, ils
dansent sur « Mr.Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique,
vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le
plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est
la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté
Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement.
C’est elle qui n’a de cesse de les entrainer dans un tourbillon de poésie et de
chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour
éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a
jamais si bien porté son nom.
Sur
quelle planète je vis ? Comment n’avais-je pas entendu parler de Mr.Bojangles
avant ? Après la lecture de la BD, dont je vous parlerai juste après, j’ai
fait quelques recherches et je me suis aperçue que le roman dont elle est l’adaptation
a eu un succès populaire et critique absolument incroyable : 500 000 exemplaires
vendus pour ce premier roman d’Olivier Bourdeaut paru en 2016, de très nombreux
prix, des adaptations au théâtre, un film à venir… Olivier Bourdeaut a été
invité sur tous les plateaux télé, et cette musique… Nina Simone, 1971…
Envoûtante.
« Il
y a longtemps, [Mr.Bojangles] vivait à la Nouvelle-Orléans avec son chien est ses
vieux vêtements. Il ne s’est jamais remis de la mort de son chien. Alors il s’est
mis à aller danser dans les bars. Les gens lui payaient des bières, et lui il
dansait dans ses vieux vêtements. Et moi, je danse pour faire revenir Monsieur
Bojangles… » confie un soir à son fils, l’héroïne à l’humeur et aux
prénoms changeants.
Ce
petit garçon vit dans une famille excentrique : ses parents dansent en
boucle sur le même titre de Nina Simone, joyeux et mélancolique, se vouvoient, ont
un oiseau exotique (Mademoiselle Superfétatoire) en guise d’animal de
compagnie, ont adopté un mode vie oscillant entre la folie douce et la folie
dure. Ils chassent l’ennui et nient la réalité ensemble.
C’est
une histoire extravagante, bouleversante, remplie de poésie. Elle est
dramatique autant qu’elle est légère, fantasque et pétillante : le dessin
de Carole Maurel, virevoltant comme une danse, traduit parfaitement l’esprit, l’ambiance
de cette histoire.
J’ai
un regret : ne pas avoir découvert le roman avant la BD - car on sent que
l’adaptation est très, trop, condensée. Comme dans la BD « Ecumes » scénarisée
par Ingrid Chabbert, je trouve que ça va trop vite, je me sens bousculée. J’aurais
voulu m’attarder un peu plus sur les personnages et leurs émotions, développer
certains passages de l’histoire.
Cette
histoire est décidément digne d’un grand roman. En tous cas, il faut découvrir « En
attendant Mr.Bojangles », par la porte d’entrée que vous préférez :
roman, BD, ciné, théâtre. La porte que j’ai ouverte n’était peut-être pas la
bonne pour une découverte, mais aurait été parfaite dans un second temps.
Ecoutez une interview d'Ingrid Chabbert dans le podcast L’Atelier BD !
Ecoutez une interview d'Ingrid Chabbert dans le podcast L’Atelier BD !

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