Emi 3/5
Danser
au bord de l’abîme
Auteur : Grégoire
Delacourt
Editions : JC
Lattès
Quatrième de couverture :
« Moi,
je crois au premier regard, maman. Je crois à la première impression. Je crois
au langage de la chair. Au langage des yeux. Au vertige. A la foudre.
- Ce à
quoi tu crois, ma petite fille, cela aboutit au chagrin. »
Il y a
des promesses que l’on se fait à vingt ans, et les rencontres que nous
réservent le hasard. Il y a le bonheur que l’ont croyait tenir, et celui après
lequel on court. Il y a l’urgence de vivre. »
Je me suis arrêtée sur ce roman parce qu’il a
été écrit par Grégoire Delacourt. C’est un auteur que j’aime beaucoup : il
a écrit, entre autres, un de mes romans préférés « La première chose qu’on
regarde » et le célèbre best seller « La liste de mes envies ». J’étais
impatiente, donc, de découvrir « Danser au bord de l’abîme » paru en
2017 aux éditions JC Lattès.
J’ai été complètement happée par la première
partie du roman. Je retrouvais le style de Delacourt et lisait ses mots avec
délectation : bien écrit, avec une dissection des sentiments très fine, des
scènes justes et des personnages réalistes. Epatante, aussi, la capacité de cet
auteur à se mettre sans fausse note dans la tête d’une femme (Emma, la
narratrice). Au fil du roman, Grégoire Delacourt fait un parallèle entre l’histoire
narrée et le récit de La chèvre de
Monsieur Seguin, d’Alphonse Daudet. La
Chèvre de Monsieur Seguin ! Il n’y a pas de récit qui me touche plus que
celui-là. J’ai eu l’impression un moment que le livre avait été écrit pour moi.
Il a réussi à me toucher, à me remuer, à me secouer. L’histoire en devenait
même un peu dérangeante.
Dans cette première partie, idée géniale, les chapitres
sont numérotés à rebours, du 72 au 0, celui où tout bascule. On avance
inexorablement vers l’abîme, le lecteur ressent une tension jusqu’à ce moment
où…
Puis il y les parties 2 et 3, décevantes. L’intrigue
est inattendue, certes, mais les dialogues sonnent faux (dans la première
partie aussi en fait, mais j’étais tellement « dedans » que ça m’a
moins dérangée), certaines scènes manquent de crédibilité, il y a des longueurs
et trop de « bons sentiments » sur la fin. Les références trop
nombreuses, répétitives même, aux vins et aux opéras alourdissent considérablement
le récit.
J’ai donc un avis mitigé sur ce roman de
Grégoire Delacourt, éloge de l’instant présent, qui, je dois le reconnaitre, m’a
quand même bien touchée sur différents passages. Mais le récit est trop inégal dans
sa qualité, ce qui le dessert et ne le place pas au niveau des autres
Delacourt.

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