mardi 26 juin 2018

APRES L'ANNEE DU CRABE - En attendant la récidive


Emi 4/5

Après l’année du crabe - En attendant la récidive
(BD)
Autrice : Alice Baguet
Editions : Vraoum !

Quatrième de couverture : Quand j'avais dix-neuf ans (avant-hier, donc), Jean-Pierre le cancer est passé me faire un petit coucou. On a ri et j'ai guéri. Jean-Pierre est venu, n'a pas vaincu et a donc disparu.
            Après avoir appris à vivre avec lui, il fallait apprendre à vivre sans. Seule avec moi-même. Eh bah c'est pas pour chouiner mais j'ai quand même un peu ramé. Ca aura pris dix ans.
            Mais heureusement, pendant tout ce temps, on s'est bien marré.

            Devinez donc ce que j’ai lu juste après « L’année du crabe » ? Eh bien, c’est original, j’ai lu « Après l’année du crabe ». C’est donc le titre de la suite de l’histoire : qu’est-ce qu’il y a après la maladie, quand on s’est construit avec elle et qu’elle fait partie de nous ? Comment se reconstruire sans craindre, et même sans attendre, la récidive ? Il est étonnant, encore une fois, ce point de vue qu’on est loin d’imaginer quand on est en bonne santé : être déçu, tout au fond de soi, et même si c’est inavouable, de ne pas être malade à nouveau. Parce que la page devant soi est blanche et qu’elle fait peur, parce qu’on repart à zéro mais pas tout à fait, parce qu’on s’interdit même peut-être de faire des projets. On parle de la maladie, on pense au malade quand il l’est… Mais on ne s’imagine pas que la suite, même sans récidive, est une épreuve et un long chemin à parcourir.

            Là encore, j’ai aimé la BD qui garde le même dessin et le même ton que le premier tome (léger, beaucoup d’humour) mais j’ai été un peu gênée par la répétition d’idées et par quelques « longueurs », alors que je n’avais pas du tout eu cette impression pour la première partie. Je conseille tout de même la lecture des deux albums d’affilée : les effets de la maladie ne s’arrêtent pas à la guérison du corps, il y a la suite.
            Ici aussi Alice Baguet a trouvé un moyen graphique très intéressant de symboliser la récidive possible : un fil fleu qu'elle traine comme un boulet accroché à sa cheville et qui prend plus ou moins de place, et des formes différentes en fonction de ses états mentaux.

Je n’ai pas parlé du format de la BD, roman graphique de plus de 100 pages 22 x 16 cm, façon gros carnet à la couverture souple. Très agréable à tenir et à feuilleter.

Emi

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