Emi 4/5
Après
l’année du crabe - En attendant la récidive
(BD)
Autrice : Alice
Baguet
Editions : Vraoum !
Quatrième
de couverture : Quand j'avais dix-neuf ans (avant-hier,
donc), Jean-Pierre le cancer est passé me faire un petit coucou. On a ri et
j'ai guéri. Jean-Pierre est venu, n'a pas vaincu et a donc disparu.
Après
avoir appris à vivre avec lui, il fallait apprendre à vivre sans. Seule avec
moi-même. Eh bah c'est pas pour chouiner mais j'ai quand même un peu ramé. Ca
aura pris dix ans.
Mais
heureusement, pendant tout ce temps, on s'est bien marré.
Devinez
donc ce que j’ai lu juste après « L’année du crabe » ? Eh bien, c’est original, j’ai lu « Après l’année du crabe ». C’est
donc le titre de la suite de l’histoire : qu’est-ce qu’il y a après la
maladie, quand on s’est construit avec elle et qu’elle fait partie de nous ?
Comment se reconstruire sans craindre, et même sans attendre, la récidive ?
Il est étonnant, encore une fois, ce point de vue qu’on est loin d’imaginer
quand on est en bonne santé : être déçu, tout au fond de soi, et même si c’est
inavouable, de ne pas être malade à nouveau. Parce que la page devant soi est blanche
et qu’elle fait peur, parce qu’on repart à zéro mais pas tout à fait, parce qu’on
s’interdit même peut-être de faire des projets. On parle de la maladie, on
pense au malade quand il l’est… Mais on ne s’imagine pas que la suite, même
sans récidive, est une épreuve et un long chemin à parcourir.
Là
encore, j’ai aimé la BD qui garde le même dessin et le même ton que le premier
tome (léger, beaucoup d’humour) mais j’ai été un peu gênée par la répétition d’idées
et par quelques « longueurs », alors que je n’avais pas du tout eu
cette impression pour la première partie. Je conseille tout de même la lecture
des deux albums d’affilée : les effets de la maladie ne s’arrêtent pas à
la guérison du corps, il y a la suite.
Ici
aussi Alice Baguet a trouvé un moyen graphique très intéressant de symboliser
la récidive possible : un fil fleu qu'elle traine comme un boulet accroché à
sa cheville et qui prend plus ou moins de place, et des formes différentes en
fonction de ses états mentaux.
Je n’ai pas parlé du format de la BD, roman
graphique de plus de 100 pages 22 x 16 cm, façon gros carnet à la couverture
souple. Très agréable à tenir et à feuilleter.
Emi

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