Emi 4/5
Chanson
douce
Auteur : Leïla
Slimani
Editions : Gallimard
Folio
Quatrième de couverture :
«Louise
? Quelle chance vous avez d’être tombés sur elle. Elle a été comme une seconde
mère pour mes garçons. Ça a été un vrai crève-cœur quand nous avons dû nous en
séparer. Pour tout vous dire, à l’époque, j’ai même songé à faire un troisième
enfant pour pouvoir la garder.»
Lorsque Myriam décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise et sont conquis par son aisance avec Mila et Adam, et par le soin bientôt indispensable qu’elle apporte à leur foyer, laissant progressivement s’installer le piège de la dépendance mutuelle.
Lorsque Myriam décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise et sont conquis par son aisance avec Mila et Adam, et par le soin bientôt indispensable qu’elle apporte à leur foyer, laissant progressivement s’installer le piège de la dépendance mutuelle.
J’ai lu et entendu il y a quelques temps des
interviews de Leïla Slimani, une écrivaine qui m’a semblé brillante, simple,
sobre, pertinente dans ses prises de position publiques. Quand je suis tombée
par hasard sur « Chanson douce », prix Goncourt 2016, j’ai lu la
quatrième de couverture, et sans ouvrir le livre, j’ai saisi l’occasion de
découvrir la plume de cette autrice.
Mais quand, dans mon lit quelques heures plus
tard, j’ai lu la première phrase, puis difficilement les 3 premières pages qui
constituent le premier chapitre, j’ai refermé le bouquin : les premiers
mots tombent comme un couperet, l’assassinat sauvage de deux enfants par leur
nounou est le point de départ de ce roman terrifiant. Il m’a fallu plusieurs
jours pour digérer cette scène inaugurale en contradiction totale avec le titre
du roman, « Chanson douce » ; plusieurs jours avant de me replonger
et accepter de me laisser happer dans l’implacable chronologie des événements
qui a mené au drame, dans la descente lente et profonde du lecteur dans ce
huis-clos à l’atmosphère pesante où le malaise s’installe, où le drame couve… et
le lecteur sait. Et c’est ce qui crée cette tension, le lecteur progresse vers
l’assassinat inéluctable et assiste impuissant au déroulement morbide de la
personnalité de Louise, la nounou.
Même si les trois premières pages étaient
choquantes, je m’attendais à retomber à la fin du roman sur cette première
scène pour en avoir plus de détails ; et c’est avec cette crainte paradoxalement
attractive, que j’ai progressé dans le livre (comme quand on ralentit pour regarder
un accident au bord de la route) : on y revient, mais ma faim n’a pas été
complètement rassasiée, on passe trop vite à après, on n’est pas assez dans la
tête de la nounou au moment où elle décide de commettre l’irréparable. Le
chemin est parfaitement décrit, mais le moment où tout bascule aurait gagné à être
davantage développé.
J’ai apprécié le style simple, élégant et subtile
de Leïla Slimani, sobre, froid parfois, comme la lame du petit couteau blanc de
la parfaite Louise.
Emi

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