Emi 4/5 Yig 4/5
L’île
des Justes
(BD)
Dessin : Espé
Scénario :
Stéphane
Piatzsek
Couleurs : Irène
Häfliger
Editions : Glénat
Quatrième
de couverture :
Marseille,
été 42.
Pour
échapper aux rafles, les Cohen tentent de rallier la Corse avant de se rendre
en Palestine, terre d’accueil mythique pour les juifs persécutés d’Europe.
Henri
Cohen, arrêté par la police française puis déporté, ne vivra jamais son rêve. Suzanne,
sa femme, est capturée à son arrivée sur l’île de beauté et séparée de son fils
Sacha qui, grâce à l’aide des insulaires, est mis en sécurité.
Réussissant
à prendre la fuite, Suzanne retrouve son fils dans le petit village de Canari
où un prêtre les recueille. Bienveillant, celui-ci leur permet de trouver un
refuge où il les imagine à l’abri. Mais il oublie qu’en Corse aussi, l’ennemi
fait sa loi… Seule la solidarité corse transformera le calvaire d’une famile en
un chemin d’espérance et de vie.
Ce qui frappe de prime abord, c’est la
magnifique couverture de l’album qui donne immédiatement envie d’ouvrir la BD
et de se plonger dans cet univers corse, entre l’ocre et le bleu. La lumière et
les décors de l’île de Beauté sont parfaitement mis en lumière par Espé et par
Irène Häfliger qui ont fait, à deux, un travail graphique remarquable. D’ailleurs,
je regrette que le nom de la coloriste ne soit pas mentionné sur la couverture,
tellement les couleurs sont importantes dans cet album, et contribuent
largement à l’attrait du livre !
Le scénario de Stéphane Piatzsek est saisissant
et sonne tellement vrai que je me suis demandé un moment si la BD était une
fiction ou un documentaire. La dédicace du scénariste sur la page titre, sème
le doute : « A mes grands parents, Suzanne et Henri Cohen » :
ce sont les noms des personnages de l’album.
Après ma lecture, j’ai fait mes petites
recherches sur ce fameux préfet de Haute-Corse et sur les juifs réfugiés sur l’île
pendant la Seconde Guerre Mondiale. Le Préfet Balandier de l’histoire est largement
inspiré par le préfet Paul Balley qui a protégé les juifs malgré les
instructions du gouvernement. La délivrance de faux passeports turcs est aussi
un élément inspiré de faits réels ; ainsi que l’arrestation de juifs en l’absence
très ponctuelle du préfet… En réalité, un seul juif a été arrêté, Ignace
Schrefer, dans les mêmes conditions.
Il s’agit donc bien d’une fiction, mais nourrie
de faits réels piochés dans l’histoire Corse entre 39 et 45 et de la propre
histoire familiale du scénariste : la famille Cohen qui tente d’échapper
aux rafles.
Pour information, le titre de « Juste
parmi les nations » est décerné par un juge de la Cour Suprême d’Israël
aux personnes ayant apporté une aide, dans des situations où les juifs étaient
impuissants et menacés de mort ou de déportation vers les camps de
concentration, et avoir ainsi risqué leur vie, leur sécurité ou leur liberté
personnelle, et de l’avoir fait sans rechercher une récompense ou une
contrepartie matérielle.
Cette BD a eu le mérite de m’inciter à me
documenter sur la position de la Corse pendant dans la Seconde Guerre Mondiale,
et m’a donné envie de retourner sur cette île, de me replonger dans ma
généalogie, de sillonner à nouveau les rues des petits villages de mes aïeux.
Emi

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