Emi 4/5 Yig
3/5
Châteaux
Bordeaux T.1 Le domaine
(BD)
Dessin : Espé
Scénario : Corbeyran
Editions : Glénat
Je déconseille la lecture de la quatrième de
couverture avant de découvrir la BD.
Quatrième de couverture :
Suite au décès de leur père, les trois enfants
Baudricourt héritent de l'exploitation vinicole familiale, un vaste domaine
situé au coeur du Médoc. Les deux frères comptent se séparer rapidement de la
propriété et des dettes dont elle est criblée. Mais leur décision est aussitôt
remise en cause par la détermination de leur sœur, Alexandra, qui voit dans cet
héritage l'opportunité de rebâtir sa vie sur les terres de son enfance. Décidée
à reprendre en main le vignoble paternel, Alexandra se retrouve rapidement au
pied du mur.
D'un côté, elle affronte l'hostilité de son entourage,
de l'autre, elle sait que pour réussir elle va devoir tout apprendre, car la
fabrication d’un grand cru ne s’improvise pas. Avec humilité et courage,
Alexandra se consacre dès lors entièrement à son nouvel univers qui deviendra -
au fil du temps - sa passion...
Comme pour L’île des Justes (chroniquée ici), j’ai
été très attirée par la couverture dessinée et mise en couleurs par Espé. N’est-elle
pas magnifique ?
Ensuite, j’ai lu
la préface signée par un certain Michel
Rolland, dont j’ignorais l’identité, inculte que je suis dans le domaine du
vin… J’y reviendrai.
La BD traite des
épineuses questions de succession dans une entreprise dirigée par une famille
depuis deux siècles ; entreprise vinicole « Le domaine du Chêne
Courbe ».
Et puis, page 31,
le fameux Michel Rolland réapparait
dans le dialogue entre deux personnages, présenté comme un « ami œnologue consultant »,
« un génie ». Tiens, tiens… fiction ou réalité ? C’est troublant !
Après une petite recherche sur internet pour combler mes lacunes, il s’avère
que Michel Rolland, celui qui a préfacé l’album, est un œnologue français très
médiatique qui a plusieurs domaines dans le Bordelais.
Alors,
deuxième question qui découle de cette première découverte : est-ce
que le domaine du Chêne Courbe existe
vraiment ? Eh bien non ! C’est une invention scénaristique de Corbeyran
qui dit, dans une interview sur www.lavenir.net,
vouloir « créer une confusion dans l’esprit
du lecteur, afin qu’il ne puisse plus déterminer la fiction du réel ».
J’ai apprécié
la BD, destinée à tous (amateurs de grands crus comme de parfaits néophytes !),
et on sent les prémices d’une longue intrigue avec des conflits d’intérêts, des
rapprochements, des secrets et des trahisons… 9 tomes en tout (le dernier est
prévu pour septembre 2018). J’ai été un peu déçue, donc, d’avoir si peu à me
mettre sous la dent dans ce premier tome, tellement il appelle à la - longue - suite.
Je la lirai avec plaisir, mais il faudra que ma petite bibliothèque municipale
investisse dans la série et que je la lise d’un trait. Je n’aime pas trop les séries pour cette raison : j’oublie la trame d’un tome à l’autre,
souvent très espacés dans le temps puisqu’il faut un an en moyenne pour faire
un album.
J’ai été un
peu déçue par le dessin des planches : la couverture de l’album et le
dessin d’Espé dans L’île des Justes
avaient mis la barre de mes attentes un peu trop haut. En fait, L’île des Justes a été dessinée en 2011,
alors que ce premier tome de Châteaux
Bordeaux l’a été en 2005. Le dessinateur progresse, et ça se voit. Du coup,
quand le lecteur fait le chemin inverse, c’est un peu décevant. Mais cela n’enlève
en rien la qualité du scénario et une découverte de la série Châteaux Bordeaux très positive.
Emi

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