lundi 8 octobre 2018

LE PERROQUET


Emi 5/5      Yig 5/5

Le Perroquet
(BD)
Dessin et scénario : Espé
Editions : Glénat

Quatrième de couverture :
Bastien a 8 ans. Et sa maman est malade. Souvent, elle fait ce que son papa et ses grands-parents appellent des « crises ». D’après les médecins, elle souffrirait de « troubles bipolaires à tendance schizophrénique ». c’est pour ça qu’il faut régulièrement l’emmener à l’hôpital, dans des établissements spécialisés, pour prendre des médicaments. Bastien n’aime pas trop ça car quand elle revient, elle ne réagit plus à rien. elle n’a plus aucun sentiment. Plus aucune envie.
S’inspirant de son propre vécu, Espé livre un récit aussi personnel qu’universel, celui d’un enfant perdu dans une réalité où l’imaginaire est le seul refuge ; dans son regard, on ne lit qu’incompréhension et douleur face à la maladie de sa mère.

Après L’île des Justes et Château Bordeaux (mes chroniques sont ici et ), me revoilà avec une BD d’Espé entre les mains. Rien à voir : le style graphique est tellement différent dans Le Perroquet, que jamais je n’aurais pu deviner qu’il s’agissait du même auteur. Le dessin est puissant, direct. Les planches sont monochromes et la couleur choisie soutient toujours le propos.

On m’avait prévenue, pourtant, que le livre était dur. J’ai entendu, pourtant, que certains lecteurs n’avaient pas pu aller au bout de leur lecture. Mais j’y suis allée quand même.
Je faisais la maligne au début : «C’est dur, c’est vrai, mais j’arrive à le lire… ». Je ne pouvais plus m’arrêter. Mes enfants ont voulu savoir par quelle étrange histoire j’étais happée. J’ai refusé qu’ils feuillettent la BD. Les dessins sont d’une telle violence par moments qu’ils en auraient fait des cauchemars. « Pas moi… », me disais-je, en avançant rapidement dans les 150 pages de l’album.

Oui, j’ai été attirée comme un aimant par cette histoire de maladie qui avance, qui possède de plus en plus, inexorablement la maman du petit Bastien. J’ai été attirée par ces douleurs, par cette horreur, par l’impuissance de cet enfant. Par les souffrances de la mère comme par celles de ses proches. Il fallait que je lise, il fallait que je sache. Parce que cette histoire-là est une histoire vraie. Parce que ce sont les souvenirs d’enfance d’Espé, parce que c’est son vécu, sa tragédie. Pourtant, je sentais bien que ça réveillait des trucs en moi qu’il aurait peut-être mieux valu laisser dormir.

C’est l’histoire la plus violente psychologiquement que j’ai lue.
Et le final m’a tuée. Je faisais moins la maligne quand j’ai pleuré à chaudes larmes en refermant le livre. Je faisais moins la maligne quand j’ai été prise de bouffées d’angoisse incontrôlables le lendemain.

Mais MERCI Espé, merci pour cet album magnifique, pour l’accouchement violent qu’a dû être l’écriture de cet ouvrage. Tout est là. C’est d’une telle intensité, d’une telle véracité. Sans concessions. J’ai juste envie de dire au petit Bastien, de tout mon cœur, que ce n’est pas de sa faute. Rien n’est de sa faute. Il était le rayon de soleil de sa maman. Elle était malade. 

Rien n’est de ta faute, Bastien.
Emi

Pour écouter la chronique de JIDAF dans le podcast l'Atelier BD, cliquez ci-dessous.

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